Yannick, Annie, Estelle, Stéphanie, Jean-Christophe… C’est toujours assez incroyable le long des chemins et des routes de se souvenir des gens que l’on n’a pas connu. Yannick, Annie, Estelle, Stéphanie, Jean-Christophe s’en sont allés il y a des années et leurs familles en laissent trace, près d’un arbre, dans un virage, en haut d’un pont. Avec des fleurs qui ne jaunissent pas. Des plaques, des cœurs, des mini chapelle ardentes qui ne se consument pas, qui brûlent d’un souvenir qui ne s’éteint pas, et qui nous fait partager avec leurs parents, leurs amis, leurs enfants, leurs cousins et cousines un instant, une étrange connivence eux dont on ne sait rien, dont on ne connaît pas les visages. Un silence respectueux s’installe, quelques instants, et avec eux, on n’oublie pas. Yannick, Annie, Estelle, Stéphanie, Jean-Christophe… Nommer des gens, c’est déjà entrer en humanité et respecter ces mémoires de soldats inconnus, c’est respecter toute l’humanité, toutes les mémoires. Au bord de la route. Chemin faisant. Pendant que la vie continue. Elle qui pour eux s’est arrêtée. Et l’on pense à eux quand ils surgissent sous nos yeux. Pour qui veut voir, bien sûr. Ces témoignages sont discrets. Ils n’insultent rien ni personne. Ils sont là.
