Dans le berceau des sentiers

C’est en réalité étrange sensation. Ce n’était nullement prémédité. C’est me promenant que je me suis aperçu de ce qu’il se passait en moi intérieurement. Je roulais tranquillement. Il régnait silence dans l’habitacle. Aucune musique n’aurait pu épouser ce moment-là. Ou alors je ne la connais pas encore. Parfois, sans être musicien, on écrit sa propre partition. Il n’y avait pas de paroles non plus à cette chanson qui n’en était pas une. Elles n’ont pas été écrites. Ou alors je ne les connais pas.
J’avais l’appareil photo à portée de mains. Je m’arrêtais souvent. Ici. Là. Plus loin. Bercé par le clignotant qui clignotait et par mes yeux qui clignaient. Cherchant je ne sais quoi. Trouvant je ne sais quoi est d’ailleurs plus juste expression.
Trouvant ce qu’en réalité j’étais en train de faire. Je te disais au-revoir.
Je disais au-revoir à tous ces lieux. Non que je ne les reverrai plus. Non que je sois en partance. Car parti je le suis déjà. Mais c’était un au-revoir de dedans. Quelque chose de sûr et certain, soudain. D’évident. De logique.
Je suis venir te dire au-revoir, contrée de mon enfance. Je suis venu te saluer sans mots dire, sans médire et sans anicroche. Je suis venu te dire au-revoir comme on dépose un baiser sur un front, une paume, une joue. Je suis venu te dire au-revoir parce que tu méritais bien cela. Après tout, toi aussi sans mots dire, sans médire et sans anicroche, tu m’as accueilli dans le berceau de tes sentiers et de tes champs, dans tes forêts et tes étangs. C’était la moindre des choses. Un au-revoir, ce n’est pas grand chose. Mais j’en mesure la valeur. Je crois aussi que te disant au-revoir, je te disais, tu vois, j’ai tenu ma promesse. Bien au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. J’ai tenu cette promesse que je t’ai faite, je me souviens très bien de l’endroit, et mes 18 ans d’alors, je t’ai adressé un clin d’œil, d’ailleurs, à toi l’endroit.
L’as-tu perçu ?
Possible car alors un rayon de soleil est apparu, sur ma nuque jusqu’à tes façades.
Au-revoir a quelque chose d’ouvert et de souriant quand c’est le moment.
Quand on ne pleure pas les au-revoir qui n’ont pas pu être dits ou ceux qui ne sont pas dits. Et qui ne se diront jamais. Certains font mal quand d’autres ni chaud ni froid.
Je suis venu te saluer et c’est l’essentiel.


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Une réponse à « Dans le berceau des sentiers »

  1. Joli texte…. et photo aussi…..Je suis venue te saluer aussi…. Amitiés et bises

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