Je ne sais si c’est « de la honte ». Un profond malaise oui.
Une douleur civique oui.
Cela ne date pas d’hier que j’ai « mal à ma France ».
Pays des droits de l’homme mon cul.
C’est l’insidieux qui me révolte le plus. Comme une crampe dans l’estomac qui n’est pas née d’hier, non.
J’ai assisté à tout cela en fait.A ce terrible et nauséeux glissement. En bon citoyen. Je crois d’ailleurs que c’est ça le pire : ce « en bon citoyen ». Ce glissement des libertés, ce retour des primates, qui ne sont en réalité jamais partis, mais qui ne se cachent plus. Qui, pire, ont pris le dessus et le devant, la bave aux lèvres. Et pour finir recommencer. Et reprendre là où on en était rester. La guerrev revient. Le racisme se porte mieux que jamais. L’autre fait peur même à celles et ceux dont même leur ombre leur fiche la trouille.
Cette régression intervient au pire des moments : avec l’internet et le climat, plus que jamais, le « village monde » n’est plus une idée vague et lointaine. C’est juste une réalité qu’une loi comme celle de l’immigration vient percuter un peu comme si on s’attaquait à une armée avec une fronde et un caillou. C’est un non-sens. C’est ridicule. C’est Tartuffe. Les gens commandent sur Amazon, se font livrer par des gens en situation bien souvent illégale, ils sont contents, tous, ça fait consommer, mais dans le même temps, ce voisin, ce type en scooter, on lui dit, tu peux me livrer mes pizzas et ma cadeaux de Noël mais tu resteras pas.
J’ai toujours situé le virage à 2002 en France. Ce mois d’avril avec l’extrême droite au second tour. Ces politiques de « baisse des impôts » sournoises pendant que la TVA augmente. C’est allé vite l’air de rien même si on a l’impression d’un long tunnel : nous ne sommes que 22 ans plus tard ; c’est assez « épatant » tout ce qui a été « démonté » depuis.
Une lente entreprise de déconstruction dont on serait tenté de ne pas comprendre la logique en zoomant un à un sur tout ce qui a été dézingué.
Ma honte, si c’en est une, est aussi une forme de lâcheté, si c’en est une également. En bon citoyen.
Qui, à l’école, commence sa vie par des problèmes et des devoirs.
Et qui ensuite poursuit sur ces bases. Des problèmes et des devoirs. De plus en plus seul pour les résoudre.
C’est cela qui a changé le plus, je crois : cette solitude dans laquelle aujourd’hui chacune et chacun est plongé, dans son effroi, n’a rien vu venir. A sous-estimé. A mésestimé. A pensé que. Ou n’a pas pensé que. A eu des mômes. A vu les anciens vieillir.
On dit de l’homme qu’il pense avec sa bite. C’est réducteur. Et c’est faux. Avant cela, il pense avec sa thune. Celle qu’il a. Ou celle qu’il n’a pas. Celle qu’il aura. Ou celle qu’il n’a plus.
Le pays des devoirs de l’homme, c’est 1 % de la population mondiale, ceci-dit. Et 0,4 % des terres.
Nous sommes hors sol. Au moment où l’on ose parler de « droit du sol ». On a laissé les jardins crever et de la jachères surgissent des mauvaises herbes.
Loi immigration, c’est « hors sol »
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